DESAXATIONS ROTULIENNES PODOLOGIE
Le genou est fréquemment le siège de pathologies lors de l'activité sportive. Depuis plusieurs années, le sport devient de plus en plus professionnel, dans son approche et sa préparation, mais aussi dans ses contraintes techniques et surtout physiques. C'est ainsi qu'apparaissent régulièrement des pathologies d'hyper sollicitation liées à l'augmentation des doses d'entraînement. Le genou arrive en tête des lésions traumatiques au rugby selon l'étude du Docteur BICHON ( médecin de l'équipe de France de 1992 à 1996), dans prêt de 15% des cas. Cela tend à prouver de l'importance de la prévention de pathologies liées à la forte contrainte mécanique en activité sportive.
Parmi toutes les pathologies du genou rencontrées en pratique sportive, nous nous sommes attachés plus particulièrement à toutes celles qui présentent des examens complémentaires peu significatifs (radios, IRM, arthroscanner, scintigraphie).
Par cette étude de cas, il nous semble important de limiter les contraintes biomécaniques qui s'exercent sur les genoux lors de l'activité sportive.
En effet, on constatera qu'il existe une relation de cause à effet dans l'apparition de pathologies et l'appareillage podologique. Celui-ci tendra à diminuer les mécanismes rotatoires du segment jambier pour limiter les contraintes de compression rotulienne.
PROTOCOLE D'ETUDE
Sur une période de 6 mois, nous avons consulté et appareillé 115 patients, qui présentaient des gonalgies à l'effort. Nous avons eu à nouveau en consultation ces mêmes patients entre 3 semaines et un mois après le début du port d'orthèses plantaires.
L’examen podologique a été réalisé de la manière suivante:
- un examen statique postural,
- un examen dynamique (podométrie électronique et vidéo-informatique).
Il sera retenu trois aspects dans l’examen statique postural:
-le morphotype statique des pieds
-le morphotype statique des genoux
ETUDE DE CAS
Examen statique
Dans notre série, on constate ainsi:
- 24% de genoux normo-axés,
- 42% de genu-valgum,
- 34% de genu-varum.(par souci de simplicité, nous intégrons ici les tibia-varum)
On remarquera surtout la présence de genu-recurvatum dans 57% des cas.
L’examen podométrique fait apparaître de plus:
- 42% de pieds creux,
- 53% de pieds valgus,
- 5% de pieds normaux.
On constatera enfin que 74% des sujets étudiés présentent une hyper laxité sous-astragalienne.
Examen dynamique
Nous nous sommes particulièrement intéressés à la fonction biomécanique du pied, et plus précisément, au facteur rotatoire du segment jambier.
Ainsi, nous constatons qu’il apparaît dans près de 85% des cas une hyper pronation médio-tarsienne.
Analyse des examens
Dans cette étude, nous nous sommes limités à apprécier les facteurs rotationnels du segment jambier, pouvant impliquer une désaxation rotulienne en dynamique.
Deux points essentiels ressortent des résultats:
- l’hyper laxité sous-astragalienne et l’hyper pronation médio-tarsienne en dynamique engendrent une rotation tibiale interne.
- Le genu-recurvatum est le constat d’une certaine laxité du genou.
LES ORTHESES PLANTAIRES
Les orthèses plantaires réalisées pour ce type de pathologie ont ainsi pour objectif de mieux répartir les contraintes biomécaniques du genou, en limitant la rotation tibiale interne apparue en dynamique.
Nous avons chercher à stabiliser le complexe astragalo-calcanéen de façon à réduire son incidence sur la pronation du médio-pied qui s’en suit lors du mouvement du pas.
On utilise évidemment des orthèses plantaires thermoformées en matériau de synthèse, indispensable pour toute action en pratique sportive.
Nos patients ont donc été appareillés de la manière suivante:
- Un anneau talonnier stabilisateur de façon à limiter l’instabilité sous-astragalienne, mais aussi pour avoir une action sur le genu-recurvatum.
- Un soutien médio-tarsien interne pour limiter l’hyper pronation médio-tarsienne et diminuer en conséquence la rotation tibiale interne.
Un coin supinateur postérieur ne semble pas être suffisant, notamment pour stabiliser la sous-astragalienne impliquant une pronation médio-tarsienne, ni pour avoir une incidence sur le genu-recurvatum.
Thomas.McPoil,et Mark W. Cornwall ont étudiés l’incidence de la rigidité de l’orthèse plantaire sur le contrôle de la rotation tibiale interne en dynamique.
Aussi, l’utilisation de matériaux semi-rigides dans l’élaboration de ces orthèses plantaires est primordiale pour obtenir une stabilité conséquente, et permettre de subir les fortes contraintes cinétiques liés à l’activité physique.
RESULTATS
Les résultats obtenus confirment ainsi que l’appareillage orthétique plantaire permet une amélioration notable dans près de 75% des cas sous un mois de traitement, 18% des cas ont une amélioration partielle et 7% des cas n’ont pas d’amélioration.
CONCLUSION
Cette étude permet d’objectiver l’importance du facteur mécanique dans la pathologie de syndrome rotulien par désaxation.
En ce sens, les orthèses plantaires thermoformées sont essentielles dans la prise en charge thérapeutique de cette pathologie.
Ainsi, la limitation de la rotation tibiale interne permet alors de mieux stabiliser les contraintes biomécaniques agissant sur le système rotulien.
BIBLIOGRAPHIE
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