LE PIED ET LA CHAUSSURE DE L'ATHLETE
Enquête épidemiologique Par Carine BEGOUIN-CARIOU, Podologue ANPS, Toulouse
L’athlétisme est un sport universel, regroupant les courses, les sauts et les lancers. L’esprit athlétique : « plus vite, plus haut, plus loin » traduit la perpétuelle recherche de performances pour les athlètes. Au fil des années, il s’est imposé des modifications, tant au niveau du terrain qu’au niveau des équipements, pour apporter des améliorations de la pratique athlétique. Les athlètes pratiquent leurs activités principalement sur des pistes synthétiques composées, le plus souvent, d’un agglomérat de matières plastiques, de caoutchouc et de résine. La propriété la plus remarquable de ce revêtement est sa «propriété de renvoi» ou de «propulsion», si bien que la poussée, ou renvoi du pied vers l’avant est la conséquence de l’attaque au sol par ce pied. L’athlète ressent de la fatigue musculaire si les entraînements sont effectués sur une piste beaucoup trop souple. Les blessures de fatigue sont plutôt provoquées par des sols durs.
Le mouvement spécifique à chaque discipline, et le sol sur lequel il s’effectue, a induit une forme particulière à la chaussure. Notons les principales caractéristiques de celles-ci.
LES CHAUSSURES DES COUREURS
Légère et dynamique, la chaussure du sprinter ne comporte pas de talon. Cette conception particulière provoque une légère surélévation de l’arrière-pied lors de la pose à plat du pied au sol. Cela donne l’impression à l’athlète d’avoir «plus » de pied, et de travailler qualitativement son « griffé ». Cette chaussure comporte souvent une semelle particulièrement agressive, avec dix pointes vissées. Les pointes sont de 6 à 9mm généralement. Des petites pointes en plastique sont positionnées sur le coté latéral externe de l’avant de la chaussure.

La chaussure du coureur de fond comporte un talon permettant un sensible amortissement ainsi qu’un déroulé du pied au sol. Les pointes vissées sont de 9mm généralement. NB : La chaussure du coureur de steeple (course de fond avec franchissement d’une « rivière » dans le 2ème virage du stade) possède une tige très aérée permettant une bonne évacuation de l’eau.
LES CHAUSSURES DES SAUTEURS
La chaussure du sauteur en hauteur comporte environ 7 pointes sous l’avant-pied et 4 pointes sous l’arrière-pied ainsi que de nombreux picots en plastiques. La semelle est très plate et ne présente pas de dénivelé, ceci pour permettre au pied de prendre l’appel bien à plat. Le pied a besoin de beaucoup de stabilité au moment de la prise d’appel, il peut également se déchausser si le système de laçage n’est pas adapté ou si le contrefort n’est pas assez rigide.

La chaussure du sauteur en longueur et du triple saut est de conception proche de la chaussure du sprinter puisque la course d’élan est similaire à une course courte et explosive. La semelle extérieure comprend un support rigide très dynamique sous le medio-pied, on remarque une barre caoutchoutée en renfort au niveau des têtes métatarsiennes avec des pointes alignées permettant un bon appel du pied au sol, ainsi qu’un biseau du bout de la chaussure afin d’éviter au maximum au pied d’appel de mordre dans la plasticine (limite de la planche). La chaussure du triple-sauteur diffère peu de celle du sauteur en longueur, la semelle est plus plate, généralement, sans renfort plantaire, le talon est plus long en arrière pour permettre une meilleure reprise au sol lors des réceptions des sauts.
LES CHAUSSURES DES LANCEURS

La chaussure du lanceur de javelot comporte une tige haute ou une tige basse, avec une sangle réglable sur le cou-de-pied. Les lanceurs ont besoin d’un maintien de la cheville lors de la course latérale afin d’éviter un mouvement de latéralité (souvent un varus) trop agressif provocant les entorses. La semelle extérieure comprend 7 pointes sous l’avant- pied et 4 pointes sous le talon. Celles-ci sont indispensables car le pied entier est fixé au sol, bien à plat. Les pointes sont de 12mm pour un accrochage maximal du pied au sol, notons que sur un stade, la piste synthétique est plus épaisse dans la région du lancer de javelot. NB : Un point d’usure particulier est à remarquer sur le dessus et à l’avant de la chaussure (généralement la droite) car la pointe du pied droit traîne au sol au moment du lancer, on retrouve justement une protection à cet endroit là.

Les chaussures des autres lanceurs ne comportent pas de pointes sous la semelle car ces lancers s’effectuent sur des aires en ciment principalement. La chaussure du lanceur de poids présente une sangle réglable au niveau du tarse empêchant le glissement du pied au bout de la chaussure. La technique la plus employée reste celle de la translation.

La semelle extérieure est en caoutchouc carbone. L’intercalaire est en EVA forme cuvette assurant un bon maintien et une stabilité du pied au sol. Il y a un renfort à l’avant servant de protection face au butoir. Les points d’usure se situent principalement au niveau du renfort à l’avant et également au niveau de l’avant-pied lors de la pratique de la technique en rotation. La chaussure du lanceur de disque et de marteau à une semelle extérieure en caoutchouc de forme arrondie, permettant et favorisant les voltes et notamment la rotation sur le bord externe du pied au lancer du marteau. Cette semelle est relativement fine, les lanceurs ont besoin d’une bonne sensation du pied au sol.

Les points d’usure que l’on observe se situent à l’avant sous la 1ere tête métatarsienne, au talon, et au bord externe de la semelle au lancer du marteau ; et quasiment uniquement sur l’avant pour le lancer du disque (les voltes ne se font que sur l’avant du pied).
ENQUETE EPIDEMIOLOGIQUE RELATIVE AU PIED ET A LA CHAUSSURE DE L’ATHLETE.
L’enquête a été réalisée auprès de 50 athlètes de la région Midi-Pyrénées d’Athlétisme. Ces athlètes s’entraînent sur des pistes à revêtement synthétiques, principalement de la région toulousaine (Stade de Sesquières, Stade du CREPS, Stade Universitaire Daniel Faucher…). Le niveau des athlètes varie du niveau régional au niveau national (et haut niveau). Ils sont âgés de 13 à 31ans pour 20.6 ans en moyenne. Les athlètes ont étés interrogés au hasard, il se trouve qu’ils présentaient tous au moins un léger trouble au niveau du pied, du plus bénin (petit problème mycosique…) au plus grave (traumatismes ou microtraumatismes entraînant des fractures).
Le but de cette enquête était d’étudier certains paramètres sur la chaussure de l’athlète en rapport avec son pied et sa discipline; ainsi que sur les pathologies du pied principalement, en rapport avec la discipline et la chaussure.
L’enquête a concerné 50 athlètes:
- 35 athlètes coureurs dont: 18 sprinters, 8 coureurs de fond et de demi-fond, 9 coureurs de haies (hurdlers).
- 10 athlètes sauteurs dont: 5 sauteurs en longueur et triple-saut, 3 sauteurs à la perche, 2 sauteurs en hauteur.
- 5 athlètes lanceurs dont 2 sont uniquement des lanceurs de poids, les 3 autres lancent également le disque, le marteau et le javelot.
Remarque: Certains athlètes ne sont pas «uniquement coureurs» ou «uniquement sauteurs», néanmoins, chaque athlète est classé dans la discipline qu’il pratique le plus souvent et pour laquelle il est spécialisé.
N.B.: Il est entendu par le mot «pointes», la chaussure spécifique d’une discipline, que ce soit effectivement une chaussure avec des pointes vissées sous la semelle (pour les coureurs ou les sauteurs), ou non (pour les lanceurs, à l’exception du lancer de javelot.
Nombre d’heures d’entraînement par semaine:
Ce nombre est variable pour chaque athlète, en fonction de son niveau et de ses objectifs. Cependant, on trouve une moyenne de: - 10,2 heures pour les sprinters et hurdlers, et 10,4 heures pour les coureurs de demi-fond, pour environ 5 séances hebdomadaires. - 8,8 heures pour les sauteurs et 8,2 heures pour les lanceurs, pour environ 4 séances hebdomadaires.
Nombre d’heures de port des pointes par semaine: Il faut savoir que toutes les séances d’entraînements ne nécessitent pas le port des pointes. Ainsi, nous trouvons un nombre d’heures de port des pointes relativement faible par rapport au nombre d’heures d’entraînement hebdomadaire.
- Les sprinters portent leurs pointes 2,2 heures par semaine, soit 21,5% du temps global d’entraînement hebdomadaire.
- Les coureurs de fond et de demi-fond portent leurs pointes 2,1 heures par semaine, soit 20,4% du temps global d’entraînement hebdomadaire.
- Les coureurs de haies portent leurs pointes 3,6 heures par semaine, soit 34,8% du temps global d’entraînement hebdomadaire.
- Les lanceurs portent leurs pointes 4,4 heures par semaine, soit 53,6% du temps global d’entraînement hebdomadaire.
Le reste du temps de l’entraînement, l’athlète porte ses «runnings» où chaussures de footing classiques, lui servant autant à faire son échauffement (footing, préparation physique globale…) qu’à faire certaines séances (notamment des séances longues ou dite aérobies). Ainsi, ce sont les athlètes qui travaillent plus sur la technique de la discipline (lanceurs, hurdlers, sauteurs…) qui portent le plus souvent et le plus longtemps leurs pointes à l’entraînement.
Adaptation des chaussures à pointes par rapport à la discipline:
La très grande majorité (98%) des athlètes interrogés possèdent des chaussures à pointes adaptées à leur(s) discipline(s). Ceux qui pratiquent plusieurs disciplines possèdent également plusieurs paires de pointes adaptées.
Les athlètes possèdent en moyenne 2 paires (pour 50% d’entre eux). Une paire est consacrée à l’entraînement, elle est parfois plus ancienne et/ou plus lourde, l’autre paire est souvent plus récente et légère, ou possède plus de pointes vissées sous la semelle, afin d’avoir une accroche optimale en compétition.
Chez les sprinters, on remarque que la majorité (61% des sprinters) possèdent également une chaussure de profil de demi-fond (c’est-à-dire avec une talonnette) pour effectuer les séances dites «longues» (à dominante aérobie) afin de ne pas surmener inutilement les tendons.
Adaptation de la pointure de la chaussure par rapport au pied:
Ce point particulier est intéressant, car on constate que 27 athlètes sur les 50 interrogés ont volontairement choisit leurs chaussures à pointes d’une pointure supérieure ou inférieure à celle de leurs pieds: - 7 sur 27 (soit 26%) les choisissent plutôt plus grandes de 1, voire 2 pointures, soit pour porter des chaussettes épaisses, soit pour être plus à l’aise. Parmi ces 7 athlètes, 3 portent des orthèses plantaires dans leurs pointes. - 20 sur 27 (soit 74%) les choisissent plutôt plus petites d’une pointure environ. Cela leur procure plus de sensations (pour 17 d’entre eux). Cela ne les empêche pas de porter leurs orthèses plantaires dans leurs pointes.
Port d’orthèses plantaires dans les runnings et les pointes: Sur les 50 athlètes interrogés, 19 portent des orthèses plantaires dans leurs runnings (soit 38%).
Ils ne sont plus que 9 à en porter dans leurs pointes (soit 47% des athlètes appareillés). Sur les 10 autres athlètes, 5 considèrent qu’ils n’en ont pas besoin dans leurs pointes, 3 ne les supportent pas à cause des mauvaises sensations qu’elles procurent(le simple fait de «les sentir» gène l’athlète), les 2 autres ne peuvent pas les porter dans leurs pointes. Par contre, on trouve 2 athlètes qui portent une orthèse plantaire dans leurs pointes, et pas dans leurs runnings, et cela pour améliorer le confort au niveau du pied.
Port de chaussettes dans les pointes: Les athlètes sont, dans la grande majorité, très attentifs aux sensations qu’ils perçoivent au niveau du pied car c’est leur seul contact avec le sol. Le fait «d’avoir des sensations» est donc primordial à l’athlète. Ainsi on trouve que 24% des athlètes ne portent jamais de chaussettes dans leurs pointes (ils représentent 83% des coureurs) pour des raisons de sensations. Ces athlètes ne portant pas de chaussettes dans leurs pointes ne souffrent pas d’échauffements particuliers.
Le laçage de la chaussure: A la question : « Avez-vous un mode de laçage particulier de vos pointes ? », 74% des athlètes interrogés (soit 37 sur 50) répondent qu’ils serrent davantage, ou voire de façon excessive, le laçage de leurs pointes et notamment en compétition. Ici encore, la notion de «sensations» est présente.
la tendinite du jambier antérieur a été retrouvée chez 7 de ces 37 athlètes (soit 19%).
Remarque: Cette tendinite n’a pas été évoquée parmi les autres athlètes serrant normalement leurs chaussures.
Disposition particulière des pointes sous les chaussures:
Les athlètes vissent eux-mêmes sous leurs chaussures, des pointes de longueurs et de formes différentes.
Les longueurs vont de 6 à 12mm, il existe trois formes de pointes : la pointe droite, conique et pyramidale (elles s’enfoncent respectivement moins dans le revêtement). Le choix de la forme de la pointe se fait en fonction de la souplesse du revêtement.
Au niveau des chaussures, on trouve généralement une semelle à 7 pointes vissées sous l’avant-pied.

- les 2 pointes antérieures sont indispensables lors des démarrages et accélérations, ainsi qu’au freinage à l’arrivée. - la pointe antéro-interne placée sous la 1e tête métatarsienne assure la stabilité et l’assise de l’avant-pied en phase digitigrade. - la pointe antéro-externe placée sous la 5e tête métatarsienne permet de contrôler la pronation de l’avant-pied.
Cependant, la pointe située sous la 3e tête métatarsienne a tendance à gêner 36% des athlètes (soit 18 sur 50). En général, ils enlèvent cette pointe et pour ne pas abîmer le pas de vis, ils placent un «bouchon», c’est-à-dire une vis sans pointe. Sinon, ils mettent une pointe de longueur plus petite.
Sur ces 18 athlètes, 5 souffriraient de métatarsalgies médianes.
Pathologies au niveau du pied:
Par ordre décroissant de la fréquence d’apparition des pathologies, on trouve:
Au premier plan : l’entorse de la cheville. De la plus bénigne à la plus grave, elle touche 40% des athlètes, soit 20 sur 50 (dont 10 coureurs, 8 sauteurs et 2 lanceurs).
La tendinite du tendon d’Achille touche 22% des athlètes, soit 11 sur 50(dont 9 coureurs, un lanceur, un sauteur en longueur).
Des douleurs sous la voûte plantaire touchent 18% des athlètes, (pouvant conduire à une rupture de l’aponévrose plantaire pour un cas) soit 9 sur 50.
Sur ces 9 athlètes, 6 ont des pieds creux dont 4 portent des orthèses plantaires dans leurs pointes.
Les fractures de fatigue des métatarsiens se rencontrent chez 14% des athlètes, soit 7 sur 50(dont 5 coureurs, un sauteur à la perche et un lanceur).
La tendinite du jambier antérieur touche 14% des athlètes, soit 7 athlètes sur 50(dont 2 sprinters, un coureur de fond et 4 hurdlers) soit 18,4% des coureurs.
La fracture de fatigue des sésamoïdes touche 2 coureurs (soit 5,7%des coureurs), soit au total 4% des athlètes.
Le syndrome de la queue de l’astragale touche 2 athlètes sur 50, soit 4% des athlètes.
Autres: La fracture de fatigue du scaphoïde a touché un coureur de demi-fond au pied droit. La fracture de l’apophyse styloïde du 5e métatarsien à touche un lanceur de poids. La fracture de fatigue du calcanéum a touché un coureur de demi-fond. Talalgies : un coureur de fond souffre de la maladie de Haglund, un sauteur en longueur souffre de la talonnade. Un sprinter a souffert d’une ostéochondrite disséquante de l’astragale.
Accidents techniques: Sur les 3 perchistes, 2 ont eu un accident lors de la réception d’un saut. Cela a entraîné une entorse grave de la cheville pour l’un et une fracture de la cheville, du pilon tibial, et des 5 métatarsiens pour l’autre.
Plan cutané: Il est évident que toutes les petites lésions, phlyctènes,…, n’ont pus être recensées.
Néanmoins, 16% des athlètes (soit 8 sur 50) ont eu des problèmes mycosiques.
Pathologies au niveau des membres inférieurs: Que ce soit une élongation, un claquage ou une déchirure, les muscles ischio-jambiers sont touchés chez 38% des athlètes (soit 19 sur 50, dont 10 sprinters). La tendinite du genou a touché 10 athlètes sur 50(soit 4 coureurs de fond), soit 20% des athlètes. Cinq coureurs souffrent de périostites tibiales, soit 10% des athlètes.
CONCLUSION
Cette enquête a permis de mettre en évidence les contraintes que subissent les pieds des athlètes au cours de leur pratique sportive.
Les chaussures sont parfaitement adaptées aux disciplines pratiquées, par contre, elles le sont moins par rapport au pied : pour certains, le pied est chaussé dans des pointes trop petites et trop serrées.
Cependant le temps de port des pointes à l’entraînement n’est pas élevé, il dépasse la moitié du temps chez les lanceurs qui travaillent longtemps la technique à l’entraînement et qui nécessitent le port des pointes plus longtemps.
Les sensations du pied au sol sont au premier plan chez ces athlètes pour lesquels le port des pointes sans chaussettes (un quart des athlètes environ) ainsi que le laçage serré (trois quarts des athlètes) sont primordiaux, même si ce laçage entraîne quelquefois un surmenage fonctionnel du jambier antérieur (19% des athlètes concernés).
Les athlètes adaptent également la disposition des pointes à visser sous la semelle des chaussures et pour 36% d’entre eux, ils enlèvent la pointe située sous la 3e tête métatarsienne.
En ce qui concerne le port orthèses plantaires, plus de la moitié des athlètes appareillés dans leurs runnings ne le sont pas dans leurs pointes pour des raisons notamment d’adaptation ou de mauvaises sensations.
Il est donc important que le podologue soit attentif à cela en essayant de réaliser des orthèses plantaires aussi fines et aussi légères que possible.
BIBLIOGRAPHIE
- FLEURIDAS/FOURREAU/HERMANT/MONNERET «Les courses» «Les lancers» TRAITE D’ATHLETISME. Edition Vigot.
- A.GOLCHER «Biomécanique d’un pied en course» SMS n°7
- J.L.HUBICHE MICHEL PRADET «comprendre l’athlétisme. Sa pratique et son entraînement.»
- H.de LABAREYRE «Le pied chez les athlètes» dans LE PIED Actualités en Médecine Chirurgie et Rééducation. Edition Masson.
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